Dans un arrêt du 25 février 2004, la cour d'appel de Lyon a rappelé que l'absence de déclaration d'un site Internet, diffusant des informations nominatives, à la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) est une infraction pénale (CA Lyon, 25 février 2004, 7ème ch., n° 390/03, Procureur général c/ M. A.
N° Lexbase : A4239DBM). En l'espèce, M. G. avait ouvert un site Internet consacré à la lutte contre les sectes et sur lequel figurait le nom d'une personne physique, membre de l'Eglise de Scientologie. Celle-ci avait alors porté plainte contre M. G, lui reprochant, notamment, de ne pas avoir procédé à la déclaration de son site à la CNIL, alors que ce site procédait à un traitement automatisé d'informations nominatives. Devant le tribunal correctionnel, M. G. avait indiqué n'avoir procédé à la déclaration de son site que cinq ans après sa création et qu'il s'agissait là d'une omission involontaire. Rejetant l'argument, le tribunal le condamne le 18 février 2003 à 450 euros d'amende et 1 euro de dommages et intérêts pour défaut de déclaration du site. En appel, la cour d'appel de Lyon confirme la décision du tribunal en estimant qu'il "
convient de confirmer la déclaration de culpabilité du prévenu pour avoir, entre le mois de mars 1997 et le 7 août 2001, procédé à des traitements d'informations nominatives sans avoir respecté les formalités préalables à leur mise en oeuvre". En effet, lorsqu'un site Internet procède conformément à l'article 5 de la loi du 6 janvier 1978 (
N° Lexbase : L8794AGS) à un traitement automatisé d'informations nominatives, il doit faire une déclaration préalable auprès de la CNIL. Cette déclaration doit intervenir, précise l'article 16 de la loi de 1978, préalablement à l'ouverture du site. A défaut, l'article 226-16 du Code pénal (
N° Lexbase : L2088AMB) punit de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende le fait de ne pas respecter ces formalités préalables.
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